primat


primat

1. primat [ prima ] n. m.
• 1155; lat. ecclés. primas, atis « qui est au premier rang », de primus « premier »
Prélat ayant la prééminence sur plusieurs archevêchés et évêchés. L'archevêque de Lyon est primat des Gaules lyonnaises. Dignité de primat (primatie [ primasi ] n. f. ). primat 2. primat [ prima ] n. m.
• 1893; mot all.
Didact. (Philos.) Primauté.

primat nom masculin (bas latin primas, -atis, du latin classique primus, premier) Titre honorifique attribué à certains sièges épiscopaux auxquels une ancienne coutume reconnaît une primauté d'honneur. (Ainsi, l'archevêque de Lyon est primat des Gaules.) ● primat nom masculin (allemand Primat) Littéraire. Primauté, caractère prééminent de quelque chose : Le primat du cœur sur la raison.

primat
n. m. PHILO Supériorité. Syn. primauté.
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primat
n. m. RELIG Titre honorifique donné à certains archevêques.

I.
⇒PRIMAT1, subst. masc.
[Titre attribué à certains prélats en vertu d'un privilège ou d'une primauté de juridiction pouvant s'exercer sur d'autres évêques ou archevêques et qui est de nos jours un titre purement honorifique attaché par tradition à un siège épiscopal] Charles, cardinal de Bourbon, archevêque et comte de Lyon, primat des Gaules, était à la fois allié à Louis XI par son frère (...) et allié à Charles le Téméraire par sa mère Agnès de Bourgogne (HUGO, N.-D. Paris, 1832, p.42). On apprend que la vieille basilique de San Lorenzo a été atteinte... Les primats d'Irlande et d'Argentine ont protesté et l'on pense que le Pape fera de même (GREEN, Journal, 1943, p.62). Le révérend père Trubel appartenait, en effet, à cette compagnie des missionnaires blancs spécialisés dans les Noirs et dont le grand homme demeure ce cardinal Lavigerie, premier primat d'Afrique, premier archevêque de Carthage (H. BAZIN, Vipère, 1948, p.42).
En appos. Cardinal primat. Derrière le choeur, très élevé, on a placé le siège épiscopal en pierre sur lequel l'archevêque primat d'Angleterre, investi d'un pouvoir souverain, plus roi que le roi, attend assis (MICHELET, Chemins Europe, 1874, p.17). La réunion à Rome des supérieurs généraux des quatorze congrégations bénédictines, sous la présidence de l'Abbé primat de l'Ordre (CHAUVE-BERTRAND, Question calendrier, 1920, p.101).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1155 (WACE, Brut, 13838 ds T.-L.). Empr. au lat. primas, -atis «qui est au premier rang» d'où «celui qui est au premier rang, notable» et en lat. eccl. «primat, doyen des évêques d'un pays» (BLAISE Lat. chrét.).
DÉR. Primatie, subst. fém. a) Dignité de primat. Pour nous, la primatie du Souverain Pontife est précisément ce que le système de Copernic est pour les astronomes (J. DE MAISTRE, Pape, 1819, p.56). b) Territoire sur lequel s'étend la juridiction d'un primat. Elles avaient appelé le 1er décembre 1707, à la Primatie de Lyon, de l'Ordonnance qui leur interdisait les sacrements; mais ces appels ne prenaient pas (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t.5, 1859, p.550). []. Att. ds Ac. dep. 1694. 1res attest. XIIIes. primacie «dignité de primat» (Chron. de St Denis, Gdes Chron. de France, éd. J. Viard, t.4, p.224: Après, en lut une autre [epistre] de la primacie Ensegise, l'arcevesque de Sanz), 1669 primatie (WIDERHOLD Fr.-all.), 1694 «siège de la juridiction d'un primat, territoire du ressort de cette juridiction» (Ac.) [sens att. pour la forme primace ds EST. 1549]; de primat1 (suff. -ie), selon le lat. médiév. primatia (DU CANGE et LATHAM).
II.
⇒PRIMAT2, subst. masc.
PHILOS., MOR. Suprématie, caractère de ce qui prime du point de vue de la valeur ou de la puissance. Synon. primauté. D'autres docteurs s'élèvent, au nom de la «tradition française», contre cette «barbare» exaltation de l'instinct, prêchent le «primat de l'intelligence» (BENDA, Trahis. clercs, 1927, p.186). Il n'y a pas d'ordre véritable et complet de la vie humaine sans le primat de la grâce et de la charité (MARITAIN, Primauté spirit., 1927, p.109). La démocratie, c'est l'affirmation du primat de l'homme libre sur l'État ou sur tous les autres groupes sociaux (VEDEL, Dr. constit., 1949, p.187).
En partic. [P. réf. à Kant] Primat de la raison pratique. Prééminence de la raison pratique sur la raison théorique. La théorie, qui n'est pas exacte, consiste à ériger le fait en droit, comme Kant a essayé de le faire en affirmant le primat de la raison pratique (LÉVY-BRUHL, Mor. et sc. moeurs, 1903, p.58).
P. ext. Caractère de ce qui prend le pas, de ce qui domine. C'est là un des thèmes que M. Focillon développera avec le plus d'ingéniosité: «Les siècles qui suivent les invasions nous montrent le déclin de l'art de bâtir et le primat de la parure (...)» (LHOTE, Peint. d'abord, 1942, p.52). Aux discussions entre peintres, fondées sur des expériences communes, se substituèrent les discussions entre intellectuels, fondées sur le primat de la chose représentée (MALRAUX, Voix sil., 1951, p.87).
Prononc.:[]. Étymol. et Hist.1. Fin du XVes. «supériorité» (Ancienn. des Juifs, ms. Arsenal 5082, f° 22b ds GDF.); 2. 1893 «primauté spirituelle, intellectuelle» (BLONDEL, Action, p.300). 1 empr. au lat. primatus «premier rang, prééminence; supériorité»; 2 empr. à l'all. Primat, de même sens que le fr., notamment terme de philos. (Kant: Primat der praktischen Vernunft, cf. LAL.), empr. au lat. primatus.
STAT.Primat1 et 2. Fréq. abs. littér.:96.

1. primat [pʀima] n. m.
ÉTYM. V. 1155; lat. ecclés. primas, -atis « qui est au premier rang », de primus « premier ».
Archevêque, prélat ayant la prééminence sur plusieurs archevêchés et évêchés. || Le titre de primat est devenu purement honorifique. || L'archevêque de Lyon est primat des Gaules lyonnaises.
DÉR. Primatial, primatie.
HOM. 2. Primat.
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2. primat [pʀima] n. m.
ÉTYM. XXe (1927, Benda); empr. all. Primat. Cf. Le primat de la raison pratique (Kant), de la volonté (Schopenhauer).
Didactique.
1 (Philos.). Primauté (→ Individu, cit. 16; interrogation, cit. 2). || Le primat de l'instinct, de l'intuition (→ Opposition, cit. 3).
1 Descartes retrouve dans la métaphysique l'inspiration maîtresse de la méthode, le primat d'une intuition qui n'a rien de mystique (…)
Léon Brunschvicg, Descartes, p. 34.
2 Primauté, caractère prépondérant, primordial.
2 Cette maîtrise accordée à l'homme, les romantiques la reconnaissent-ils ? Comme, en psychologie, nous acceptons dans maints domaines le primat de l'inconscient, le romantisme accepte un primat de l'admiration, grandie et non diminuée par une irrationalité supposée.
Malraux, l'Homme précaire et la Littérature, p. 285-286.
HOM. 1. Primat.

Encyclopédie Universelle. 2012.